Ou d’un journalisme de « croyants » vers un journalisme responsabilisé.
Posté le 31 décembre 2010
Edité le 28 janvier 2011
Première partie (sur …)

Crise du journalisme? Déplacement de la crédibilité depuis les grands médias vers de nouveaux acteurs, en particulier grâce et/ou sur Internet?…
C’est vrai quoi… qui regarde encore la grand messe? (aussi appelé « 20h »)
Al Dura, c’est beaucoup plus qu’une nouvelle affaire Dreyfus… C’est un «d’une pierre trois coups», mais commençons par le commencement…
Al Dura c’est avant tout une icône, dont on a été jusqu‘à faire des timbres:

Si cette image ne vous dit rien, la dite «affaire Mohammed al-Durah» désigne les «controverses» nées de la diffusion d’un sujet de France 2 affirmant la mort d’un enfant de 12 ans, Mohammed al-Durah, lors « d’échanges de tirs entre les Forces de sécurité palestiniennes et l’armée israélienne, le 30 septembre 2000, au début de la seconde Intifada »… Pour faire soft… (je cite fr.wikipedia au 28 déc. 2010 )

Pourquoi en reparler ?
C’est la première forme d’opposition que l’on rencontre quand on évoque ce sujet, et c’est principalement ce à quoi je vais tenter de répondre ici après cette brève introduction (mais pas aujourd’hui). La démonstration a été faite par d’autres, et je vous laisse vous tourner vers eux pour comprendre où est la vérité: Esther Schapira (deux documentaires) et Philippe Karsenty pour les dernières preuves et, de ce fait, les plus complètes argumentations.
Voici déjà ce qu’il est possible d‘évoquer autour du sujet…
Il y a trois malentendus récurrents à propos des images Al Dura auxquels je souhaite répondre avant de tenter d’entre apercevoir ici la résolution de la crise à long terme.
Depuis que, après voir compris, j’essaye modestement de convaincre autour de moi, tout doucement depuis 2006 et plus activement depuis 2008, j’ai été confronté à toutes sortes de réactions qui pouvaient aller de la plus extrême mauvaise foi, jusqu’à la simple incompréhension.
C’est aux personnes de bonne foi que j’ai choisi de m’adresser ici.
Pour commencer, on entend trop souvent auprès d’elles les erreurs graves suivantes:
1 – Même si ces images correspondaient à une mise en scène, elles ne feraient qu’aider à prendre conscience d’une réalité impossible à filmer autrement.
- Faux…
2 – Reparler de cette affaire ne ferait que jeter de l’huile sur le feu
- Non seulement c’est faux mais on peut affirmer le contraire…
3 – Depuis le temps, si c’était bidon ça se saurait! (Ou la théorie de la «théorie du complot»).
- Ca s’explique…
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est souvent utile de rappeler les préalables suivants:
Le détribalisé se reconnaît au fait qu’il comprend que l’on peut ne pas être «contre», sans être nécessairement «pour», contrairement à la dynamique tribal qui consiste à affirmer que: «Si vous n’êtes pas avec moi, c’est que vous êtes contre moi!»… Permettez moi donc de vous inviter à vous placer dans le “camp” des détribalisés par le choix du «ni, ni», au moins le temps de lire ce qui suit.
Ensuite, s’il est légitime de souligner la difficulté qu’il y a à être parfaitement objectif dans les Sciences Humaines, on sait que la question ne se pose plus dans les sciences expérimentales où l’on peut affirmer de façon définitive, certaine et objective, où se trouve la seule et unique réalité: liquide ou solide, 0 ou 1… Vrai ou faux.

Il est utile de rappeler la ou les problématiques.
Si la réception dans le monde des images qui furent à l’origine de la légende Al Dura est du ressort des Sciences Humaines, et peut faire l’objet d’un débat, la notion d’objectivité devient hors sujet en amont pour la question de la mise en scène qui est d’ordre binaire:
- C’est vrai ou c’est faux? Puis;
- C’est démontrable ou ça ne l’est pas?
Plus précisément, et après avoir rappelé que la charge de la preuve est à celui qui fait l’affirmation, et qu’à l’inverse la preuve de l’inexistence d’un fait est inexigible, nous pouvons poser les questions suivantes:
1 – Peut-on considérer l’affirmation de départ de France2 comme vraie?
- Ce qui revient à se demander si France2 a rempli son obligation d’apporter la preuve de son affirmation. Si la réponse est non, il s’agissait de la part de France2 d’une affirmation sans preuve.
2 – S’il y a eu affirmation sans preuve, France2 a-t-elle effectué un recul pour le reconnaître et signaler qu’il existe un «doute raisonnable» sur le seul fait qu’il y ait eut un décès sur les images Al Dura?
3 – S’il est a priori impossible d’apporter la preuve de l’inexistence d’un fait, il devient envisageable de tenter de révéler un travail de faussaire et de prouver qu’il y a eu mensonge.
- La présence d’une mystification est elle démontrable? Soit: peut-on démontrer que personne n’est mort sur ces images?

Débuts de réponses :
1 – France 2, qui a la charge de la preuve (même si certains feignent de l’ignorer), a confondu déduction et preuve (comme le souligne Gérard Huber dans Contre-expertise d’une mise en scène1). Dès lors, France2 n’a jamais apporté la preuve de ses affirmations selon lesquelles un enfant serait mort sur ces images.
- La position semi-officielle de France22 est du type :
- «Ce n’est pas parce que l’on ne peut pas le prouver que ce n’est pas réellement arrivé»,
- Ailleurs, on a longtemps pu entendre:
- «De toute façon on ne saura jamais, on aura jamais la preuve» (ma position pendant des années)
2 – Face à France2, des individus se sont lancés dans deux entreprises, obtenir de France2:
- la preuve tant attendue, ou
- la reconnaissance qu’il y avait eu affirmation sans preuve de la part de France2.
Comme je l’écrivais plus haut, apporter «la preuve contraire » est a priori impossible, et donc inexigible. C’est bien d’ailleurs pourquoi c’est forcément à celui qui affirme d’avoir la charge de prouver ce qu’il dit, et pas à son contradicteur d’apporter “la preuve contraire”.
3 – Le coup de théâtre est que Philippe Karsenty a réussi à apporter la preuve que personne n’était mort sur ces images.
A force de collecter les éléments accumulés par ses prédécesseurs et d’y ajouter des expertises complémentaires, la vérité est maintenant devenue démontrable.
C’est ce que le public de ses conférences, privées ou publiques, a pu constater, ainsi que les téléspectateurs des deux documentaires d’Esther Schapira sur l’Affaire al Doura… au moins pour ceux qui ne sont pas victimes de leur propre schéma cognitif.
Au-delà du travail effectué par les enquêteurs qui se sont succédés, nous pouvons être optimistes sur une reconnaissance officielle de la vérité car, comme le verront ceux qui auront accès à la démonstration, il se trouve que le falsificateur s’est vraiment moqué du monde par la grossièreté de sa mise en scène…


La suite dès que possible, voici déjà l’annonce du plan
- Maintenant, les trois remarques les plus courantes démontrant l’incompréhension qui peut entourer le sujet.
- Malentendu n°1: «Même si ces images correspondaient à une mise en scène, elles ne feraient qu’aider à prendre conscience de la “vérité du contexte”.»
Pour réponse en une phrase: Non, « Al Dura » n’est pas « Timisoara ». - Malentendu n°2: «Reparler de cette affaire ne ferait que jeter de l’huile sur le feu.»
Faux, l’huile est déjà sur le feu, et c’est à craindre… pour des siècles et des siècles. - Malentendu n°3: «Depuis le temps, si c’était bidon ça se saurait!»
(Ou la théorie de la «théorie du complot»).
Plusieurs processus d’ordre psychologiques ou sociétaux sont à l’œuvre pour retarder l’admission de la réalité, mais il y a pire: on observe de véritables résistances, passives ou actives, pour retarder l’accès aux preuves et à l’information.- La première réaction spontanée est de se détourner de cette affaire, pourquoi?
- On observe de véritables résistances, passives ou actives, pour retarder l’accès aux preuves et à l’information.
- Pourquoi des personnes de bonne foi sur le fond ont-elles été de mauvaise foi dans les méthodes?
- Malentendu n°1: «Même si ces images correspondaient à une mise en scène, elles ne feraient qu’aider à prendre conscience de la “vérité du contexte”.»
- Après les malentendus, les positionnements des différents groupes, depuis les alduristes jusqu’aux aldurants…
- Et maintenant, que faire ?

Post suivant:
Aldurants contre alduristes (2) – Al Dura n’est pas Timisoara.

Notes
1 L’introduction du livre de Gérard Huber Contre-expertise d’une mise en scène est disponible ici depuis le 12 novembre 2008, c’est à dire peu après que j’ai pu avoir accès aux preuves, aujourd’hui plus largement disponible qu‘à l‘époque… A quand une diffusion à la télévision française?
2 Voir la conférence du MJLF (je cite) :
« Le 18 Septembre 2008, le MJLF a accueilli Arlette Chabot, Directrice de la rédaction de France 2, et Philippe Karsenty, Directeur de Media-Ratings, pour un débat, animé par Antoine Spire, sur l’affaire Al-Dura.
Le débat a été filmé par Akadem, qui en a fait un excellent dossier, que vous pourrez voir en cliquant ici : http://www.akadem.org/sommaire/themes/politique/1/2/module_4621.php »

